Prix de bravoure – Benoît Pilon, Julie Turcotte, John-Thomas Kelly : zone des Cantons de l’Est

Lors du congé scolaire du début de mars 2020, une fillette de quatre ans est tombée dans un trou de canalisation à la station Owls Head Ski Resort. L’accident est survenu pendant l’heure du déjeuner au vu et au su de plusieurs personnes qui se trouvaient à quelques pas du trou ou dans la cafétéria à proximité. Le trou était près d’un immense amas de neige résultant du déneigement du parc de stationnement. La fillette et son père marchaient tout près de l’amas de neige. La fillette tomba dans un trou qui apparut soudainement près de l’amas en question. Alors qu’elle était emportée dans le trou, la neige se mit à s’y engouffrer.

Le père de la fillette alerta aussitôt un préposé à la remontée mécanique la plus proche, lequel s’empressa de transmettre le message à Julie Turcotte, chef de patrouille intérimaire de la station.  Julie sollicita l’aide de John-Thomas Kelly et les deux se rendirent aussitôt à la scène de l’accident. Ils constatèrent que l’on avait omis de couvrir un trou de canalisation avec une plaque et que le trou avait été rendu invisible par une mince croute de neige glacée.

John-Thomas effectua une évaluation de l’état de l’enfant : elle était consciente, sans blessure, et enfouie à une profondeur d’environ six pieds. Quant à Julie, elle alerta la direction de la station et sollicita l’aide d’autres patrouilleurs par radio tout en allant chercher des cordes pour extraire la fillette du trou. John-Thomas expliqua la situation au père, qui était dans tous ses états.

Au bout de quelques minutes, Benoît Pilon et un employé de la station arrivèrent sur les lieux et Julie réapparut avec des cordes. L’enfant était trop jeune pour attacher une corde autour de son corps et l’accès au trou n’allait pas sans difficultés. La station est éloignée de tout centre urbain et il faut du temps aux services d’urgence pour s’y rendre, même dans des situations critiques. On craignait que la fillette ne s’enlise plus profondément dans le trou et qu’elle ne souffre d’hypothermie en raison de l’eau glaciale, voire qu’elle se noie.

Il fut décidé que Benoît se laisserait descendre tête première à trois ou quatre pieds de profondeur pour tenter d’agripper la fillette et la ramener à la surface, ce qui fut fait. Le haut du corps complètement enfoui dans le trou, Benoît était retenu par l’ourlet de sa veste de patrouilleur par John-Thomas et l’employé de la station. Il put ainsi atteindre les mains soulevées de la fillette. Alors que l’on s’employait à les tirer hors du trou, la fillette perdit prise et se retrouva dans l’eau jusqu’à hauteur de la poitrine. On craignit alors qu’elle ne s’enfonce davantage, ce qui pouvait se solder par une noyade.

Benoît demanda à John-Thomas et à l’employé de le laisser glisser plus profondément dans le trou. Ils se plièrent à sa requête tout en le tenant par les pieds. Il parvint alors à se saisir fermement de l’enfant et les deux furent hissés ensemble à la surface.

Julie Turcotte