Par A.P. Crawford (ap.crawford@skipatrol.ca)

Don Grant, Philippe Landreville, Pierre Blais

Le mois dernier, nous avons mis en lumière les interventions qui ont permis de sauver des vies menées par une équipe de patrouilleurs lors du festival Escapade 2022. Ce mois-ci, nous revenons sur un autre incident survenu lors de ce même évènement. Comme nous l’avons déjà mentionné, Escapade est un festival de musique électronique d’une durée d’une fin de semaine qui se tient chaque été à Ottawa, à la Place TD, et pour lequel les patrouilleurs de la zone de Gatineau collaborent avec l’équipe du Service paramédical d’Ottawa – qui ne prend généralement en charge que les patients dans un état critique. En 2022, au cours des trois jours, l’équipe a pris en charge 261 patients, effectué 16 transferts aux urgences, admis deux patients aux soins intensifs et déploré deux décès, selon les registres tenus.

En début de soirée, le samedi 25 juin 2022, les agents de sécurité du festival se sont précipités vers la tente de premiers soins de la PCS en transportant une femme d’environ 25 ans qui ne réagissait pas, apparemment victime d’une surdose de plusieurs drogues. Elle ne répondait pas aux stimuli. Elle transpirait abondamment. Sa respiration était à peine perceptible. Son pouls était irrégulier en s’affaiblissant rapidement.

Don Grant, Philippe Landreville et Pierre Blais ont formé l’équipe de soins. La patiente a été évaluée comme ne répondant pas aux stimuli (échelle de coma de Glasgow : 3) et continuait de présenter une respiration très superficielle et un pouls faiblissant, insuffisants pour maintenir ses fonctions vitales. Philippe surveillait le pouls tandis que Don et Pierre s’occupaient des voies respiratoires, en appliquant un ballon-masque puis en administrant de l’oxygène, pendant que l’on faisait appel au Service paramédical d’Ottawa.

La ventilation assistée a permis de stabiliser le pouls de la patiente, mais toute interruption entraînait un nouvel affaiblissement de celui-ci. À l’arrivée des ambulanciers, la saturation en oxygène de la patiente était inférieure à 94 % malgré la ventilation, même compte tenu de l’apport d’oxygène supplémentaire. Sans assistance, la fréquence respiratoire était au mieux de six à huit respirations superficielles par minute; l’assistance par ballon-masque a donc été poursuivie.

Après deux tentatives infructueuses d’intubation par les ambulanciers, Don et Pierre ont poursuivi la ventilation par ballon-masque pendant que les ambulanciers préparaient le transport d’urgence à l’hôpital. Une canule oropharyngée a également été insérée par les ambulanciers, mais la patiente l’a rejetée peu après.

La patiente nécessitant une ventilation continue, il a été décidé que Pierre, qui se trouvait déjà à l’avant de l’ambulance, y resterait afin de permettre à l’ambulancier responsable de lui prodiguer des soins supplémentaires. La ventilation s’est poursuivie jusqu’à l’arrivée au service des urgences, où un autre ambulancier a pris la relève de Pierre pendant que la patiente était transférée sous la responsabilité de l’équipe médicale des urgences.

La patiente est restée à un niveau 3 sur l’échelle de Glasgow tout au long de l’intervention. Chaque fois que la ventilation était interrompue, elle ne parvenait pas à respirer par elle-même.

Selon les informations reçues, la patiente a été transférée à l’unité de soins intensifs pour y poursuivre sa convalescence après avoir reçu les premiers soins à l’urgence, et elle a survécu à cet incident grâce à la réaction rapide de toutes les personnes impliquées ainsi qu’à la qualité des soins prodigués par les patrouilleurs de la PCS.

En septembre 2025, l’équipe composée de Don Grant, Philippe Landreville et Pierre Blais s’est vu décerner le prix John D. Harper pour avoir sauvé la vie de cette patiente lors de cet incident.

Prix du sauvetage John D. Harper – Gatineau Zone

Cet article est aussi accessible en: Anglais