
Par Catherine Buckie, cheffe de patrouille adjointe, Martock (catherine.buckie@skipatrol.ca)
Les femmes constituent une part importante de la Patrouille canadienne de ski à Ski Martock, en Nouvelle-Écosse. À tel point que lorsque je me suis luxé le coude lors d’une chute dans le parc à neige, presque toutes les personnes qui m’ont secourue étaient des femmes : la première à arriver sur les lieux, celle qui s’occupait du toboggan, celle qui a composé le 911, ainsi que les patrouilleuses venues apporter leur soutien. Il y avait aussi des hommes, mais ils étaient moins nombreux.
Les femmes qui font partie de la patrouille de Martock forment un groupe solide et soudé. Lorsqu’on les a invitées à participer à une séance de photos pour la Journée internationale des femmes, neuf femmes se sont présentées, pleines d’enthousiasme. Elles ont passé une demi-journée à démontrer leurs compétences de patrouilleuses tout en s’amusant comme des folles.
Photo fournie par David Savoie
Cela a incité notre patrouilleur chevronné, Doug MacLean, à proposer un article sur ses collègues féminines pour ce bulletin. MacLean fait partie de la Patrouille canadienne de ski de Martock depuis plus de six décennies. C’est un homme de peu de mots, mais il a décrit les femmes de la patrouille de Martock comme faisant preuve de « force et de positivité ».
Il a été impressionné par un poème qu’une de nos patrouilleuses a écrit sur son expérience au sein de la patrouille. Voici un extrait* de La force du mousqueton, de Jillian Sabadash :
Comme un mousqueton accroché à la corde d’un grimpeur,
Solidement attachées, nous formons un tout,
Notre patrouille reste ferme et alerte,
Premières sur les pistes et dernières à partir.
…
Clic du métal, claquement de l’attention
Nous posons des attelles, des écharpes et des pansements dans l’air glacial.
Un grand merci aux femmes qui patrouillent avec fierté,
Et aux hommes qui se tiennent à nos côtés!
* NdT : Le poème comportait des rimes qui n’ont pu être recréées durant la traduction.
C’est Tineke Murray qui a eu l’idée de cette séance photo. Elle a filmé les patrouilleuses de Martock en pleine action. « Je me suis jointe à la patrouille de ski parce que je voulais me prouver que j’étais capable de faire quelque chose dont je ne me croyais pas capable », a-t-elle déclaré. « Et en cours de route, j’ai noué des amitiés pour la vie et rencontré des femmes incroyables qui se lancent des défis et prouvent chaque jour qu’elles en sont capables. »
Tineke Murray a l’embarras du choix parmi les patrouilleuses pour se faire des amies. Ski Martock compte 33 patrouilleuses, soit près de 40 % de l’ensemble de l’équipe de patrouille.
C’est justement ce grand nombre de patrouilleuses qui amène Sarah De Coutere à penser que les articles sur les femmes patrouilleuses ne sont pas nécessaires. « Ce qui est formidable avec les patrouilles à Martock, c’est que [la présence de femmes parmi les patrouilleurs] est souvent une réalité quotidienne. Nous avons la chance d’avoir une présence féminine aussi forte… et je me sens tellement chanceuse d’en faire partie. »
L’une de nos patrouilleuses les plus anciennes ne pratique même ni le ski ni le planche. Jo-Leigh MacPhee, enseignante, s’est jointe à la patrouille il y a 15 ans pour apprendre le secourisme afin de pouvoir les mettre en pratique dans son travail quotidien. « C’est peut-être grâce à la présence de nombreuses patrouilleuses fortes, ou peut-être à l’atmosphère véritablement accueillante qui règne au sein de la patrouille, mais j’ai été acceptée et accueillie à bras ouverts par la famille de la patrouille de Martock », a-t-elle déclaré.
Tout le monde adore quand MacPhee est à l’infirmerie. C’est une secouriste hors pair qui s’occupe des patients afin que les patrouilleurs puissent retourner sur les pistes.
« Je ne correspondais pas au profil type, alors ils ont adapté le profil à ma situation, et je leur serai toujours reconnaissante de m’avoir accueillie parmi eux », a déclaré Jo-Leigh MacPhee.
Kelly Dewhurst, membre de la patrouille, a qualifié son expérience au sein de celle-ci d’« expérience enrichissante ». « Toute l’équipe – tant les vétérans que les recrues – vous soutient et croit en vos capacités, peu importe vos antécédents ou votre identité. Grâce à ce soutien constant, je me suis tout de suite sentie comme un élément essentiel de l’équipe et j’ai hâte que la prochaine saison commence! »
Son rôle de patrouilleuse a permis à Lynn Cheeseman de se découvrir sous un nouveau jour : « Je suis plus qu’une mère, une conjointe et une employée », a-t-elle déclaré. « Je me sens tout à fait à l’aise en dehors de ma zone de confort. Ma participation à la patrouille m’apporte autant, sinon plus, que ce que j’y apporte. »
Lisa MacKinnon apprécie le sentiment d’accomplissement qu’elle ressent après une garde. « Si vous cherchez le défi physique et mental ultime à la mi-vie, c’est ça! », a déclaré MacKinnon, exhortant ses collègues patrouilleurs à « recruter vos amis… et à vaincre ce fichu froid hivernal ».
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